Projet de Déclaration de politique régionale wallonne 2009-2014

mardi 14 juillet 2009
par Pierre Willot
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Belle récompense pour Nicolas PETTIAUX, Isabelle TASIAUX et Pierre WILLOT, tous trois membres fondateurs de l’ASBL "A l’ère libre », jeune fédération belge qui vise à regrouper tous les acteurs du libre. Les négociateurs de l’Olivier ont en effet reconnu la pertinence de leurs arguments. Ainsi, les revendications de l’asbl « A l’ère libre » et de APRIL sont désormais inscrites dans la Déclaration de politique régionale wallonne 2009-2014. Un début prometteur. Mais la route est encore longue et toutes les bonnes volontés sont les bienvenues pour remporter les autres étapes.

Page 210 du projet de la déclaration de politique régionnale qui est annexe


INSCRIRE LA REGION WALLONNE DANS LA SOCIETE DE LA CONNAISSANCE ET DE L’INFORMATION

Le Gouvernement veut garantir à tous les citoyens un accès libre et égal à une société de la connaissance qui peut être un véritable facteur d’épanouissement.

Les pouvoirs publics ont un rôle déterminant à jouer pour que la société de l’information se développe dans un cadre d’accès universel. Ceci implique que toutes les barrières d’ordre éducatif, culturel ou sociologique soient levées. Le Gouvernement entend que les efforts soient poursuivis à l’avenir, notamment dans le cadre du Plan national de lutte contre la fracture numérique coordonné avec le fédéral.

1. Lutter contre la fracture numérique

Dans les inégalités qui sont à la base de la fracture numérique, il faut distinguer les inégalités dans l’accès (qui ont sans doute un caractère transitoire) et les inégalités dans les usages qui renvoient aux compétences requises pour les maîtriser. La fracture numérique est d’autant plus préoccupante qu’elle touche au marché de l’emploi. De plus en plus de travailleurs sont en effet exclus du marché de l’emploi par manque de qualifications suffisantes pour utiliser les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC).

Pour lutter efficacement contre la fracture numérique, le Gouvernement s’engage à :
- poursuivre et améliorer la formation aux Technologies de l’Information et de la communication ;
- favoriser l’accès à internet et à l’équipement ;
- promouvoir l’utilisation de logiciels libres et de standards ouverts.

2. Poursuivre et améliorer la formation aux technologies de l’information et de la communication

Idéalement, la formation aux Technologies de l’Information et de la Communication doit s’envisager dès le plus jeune âge, au sein de l’enseignement primaire et secondaire.

Le projet « cyber classes » initié sous la précédente législature va permettre à terme de faire passer la norme d’équipement des écoles d’un ordinateur pour 33 élèves à un ordinateur pour 15 élèves. En outre, pour soutenir le volet formation, les écoles peuvent désormais faire appel gratuitement aux Centres de Compétences « Technologies de l’Information et de la communication » qui agissent en fonction de leurs besoins propres.

Pour l’avenir, le Gouvernement s’engage à :
- poursuivre les efforts d’amélioration de la maintenance du matériel usagé dans les écoles ;
- développer la formation des enseignants à l’utilisation des nouveaux outils informatiques ;
- promouvoir la connectivité haut débit des écoles et lieux de formation ;
- poursuivre l’augmentation de l’offre de formation notamment à destination des aînés ;
- élargir les plages horaires des Centres de Compétences et renforcer leur ouverture à l’enseignement, notamment de promotion sociale ;
- pérenniser le dispositif des Centres de Compétences « Technologies de l’Information et de la Communication » en renforçant le partenariat avec le secteur privé ;
- former jeunes et moins jeunes à une utilisation critique et sélective d’Internet ;
- soutenir les rencontres intergénérationnelles dont le but est de transmettre ce savoir des jeunes vers les aînés ;
- poursuivre la coupole e-learning Région wallonne – Fédération Wallonie-Bruxelles.

3. Développer la compétitivité numérique des entreprises

Les technologies de l’information et de la communication jouent un rôle essentiel dans le développement économique de la Wallonie. 75 % des nouveaux emplois sont d’ailleurs créés dans les domaines utilisant ces technologies. Les technologies de l’information et de la communication sont un facteur de croissance tant au niveau de la recherche et du développement qu’au niveau des transferts de nouvelles technologies vers les entreprises classiques.

Pour améliorer la progression des usages TIC, et plus particulièrement de l’e-business, dans les entreprises, le Gouvernement s’engage à :
- renforcer le rôle de l’Agence Wallonne des Télécommunications (AWT) dans sa mission de conseil et d’assistance aux petites et moyennes entreprises et aux indépendants pour faciliter l’accès à la large bande ;
- étendre le réseau de fibres à haut débit de la Région wallonne dans l’objectif d’accroître le nombre de zonings connectés à la fibre à des prix attractifs et de multiplier les "têtes de pont" que sont les accès aux bâtiments administratifs, dans l’optique d’en faire profiter les petites et moyennes entreprises avoisinantes ;
- soutenir et favoriser les échanges entre les entreprises et filières wallonnes actives dans le développement des produits et services liés aux technologies de l’information et de la communication (e-santé, télémédecine, recherche médicale, animation 3D,...) ;
- favoriser la promotion de l’usage ciblé des technologies de l’information et de la communication dans le monde des services en général et des plateformes multimodales, des transports, de la construction, du tourisme, du secteur médical et des clusters en particulier, en veillant à garantir l’inter-opérabilité, notamment par l’usage de formats ouverts et de plates formes libres ;
- supporter toutes les initiatives qui augmentent l’offre des produits et services liés aux technologies de l’information et de la communication et ce en confiant à l’Agence wallonne des Télécommunications une mission de veille et de catalyseur du développement des acteurs wallons émergeant dans ce domaine ;
- évaluer les dispositifs d’aides e-business et mettre en œuvre les mesures nécessaires pour accélérer le traitement de demandes d’aides ;
- élargir les aides e-business à des aides aux usages avancés des TIC ;
- promouvoir la sécurité dans l’usage des nouvelles technologies au sein des entreprises et plus particulièrement des PME, des spins offs et des entreprises à haut potentiel technologue (prévention, sensibilisation, aide à l’investissement de protection).

4. Garantir l’accès à internet

L’accès à internet et au réseau à haut débit doit pouvoir être garanti à tous, citoyens comme entreprises. Même si le taux de pénétration du réseau à large bande est très élevé en Wallonie, certaines zones n’ont aujourd’hui pas encore la possibilité de se connecter. Ce manque d’accès au réseau à large bande constitue aussi un frein économique pour les indépendants et pour les entreprises situés dans ces zones.
Pour remédier à cela, le Gouvernement s’engage à :
- trouver des partenariats pour mettre une infrastructure et des services à haut débit à disposition de chaque citoyen à des prix abordables (mise en œuvre du service universel) ;
- multiplier les points d’accès publics à internet notamment via les Espaces Publics Numériques ;
- tenir compte du développement des infrastructures TIC dans les politiques d’aménagement du territoire, de logement et de mobilité.

5. Renforcer l’accès à l’équipement

Pour démocratiser l’accès au matériel informatique, le Gouvernement s’engage à :
- soutenir les établissements du secteur associatif qui reconfigurent du matériel déclassé offert par des entreprises ou des administrations et le revendent à des prix avantageux ;
- développer le recyclage des ordinateurs de la fonction publique.

6. Promouvoir l’utilisation des standards ouverts et les logiciels libres

Les standards ouverts et les logiciels libres sont des outils indispensables pour assurer l’accessibilité de tous aux technologies de l’information tout en garantissant la liberté de chaque utilisateur. Ils ont ainsi une influence sur la position compétitive de nos entreprises, particulièrement celle des petites et moyennes entreprises, et sur l’innovation technologique.
Au niveau wallon, le Gouvernement s’engage à :
- promouvoir et utiliser, dans la mesure du possible, les standards ouverts et les logiciels libres dans les administrations publiques, organismes d’intérêt public et les cabinets ministériels ;
- développer une plate-forme d’échange, de coopération et d’information en matière de logiciels libres et de standards ouverts entre tous les acteurs publics actifs dans le domaine des technologies de l’information ;
- promouvoir l’utilisation des logiciels libres auprès des citoyens et des entreprises, notamment par des actions de sensibilisation et de formation ;
- promouvoir et former à l’utilisation des logiciels libres au sein des écoles ;
- plaider en faveur de la plus grande interopérabilité des systèmes ;
- requérir lors des marchés publics relatifs aux systèmes d’information
- demandant des développements sur mesure, d’être propriétaire des codes sources ou d’en avoir la disponibilité selon une licence libre reconnue ;
- adapter les cahiers des charges des marchés publics pour des développements sur mesure afin de favoriser l’accès de tous les opérateurs dont les PME à ces appels d’offre.

7. Défendre un contenu de qualité, libre d’accès, indépendant et accessible au plus grand nombre

Pour le Gouvernement, il est essentiel d’encourager le développement d’une société de la connaissance, c’est-à-dire l’émergence d’un large domaine public et gratuit sur internet qui présente toutes les garanties de qualité et qui soit accessible à tous et, notamment, aux personnes handicapées.
Pour y parvenir, le Gouvernement propose de :
- favoriser l’émergence d’un domaine public riche en contenus, notamment par la numérisation des archives appartenant aux institutions culturelles ou scientifiques régionales, la mise en ligne d’études, de documents à vocation publique ... ;
- entamer la réflexion en vue d’assurer l’hébergement de plateformes d’accueil d’outils web 2.0 dans le cadre de ses compétences ;
- développer la participation citoyenne, particulièrement en encourageant les « communautés d’utilisateurs », pour une mise en commun et un partage des savoirs ;
- encourager l’utilisation des standards ouverts pour garantir un accès libre des citoyens à tous les contenus ;
- augmenter le nombre de sites accessibles aux personnes handicapées labellisés anysurfer, (aveugles, malentendants, sourds...) et assurer ainsi l’exemplarité des pouvoirs publics ;
- inscrire toutes les initiatives dans l’objectif de neutralité du net au niveau de l’accès.


Documents joints

Projet de Déclaration de politique régionale (...)
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